Home 2012 Intervenção do Representante Permanente de Portugal, S. E. Embaixador José Filipe Moraes Cabral, no Conselho de Segurança no debate sobre o Haiti (MINUSTAH) (Nova Iorque, 08.03.2012)
Intervenção do Representante Permanente de Portugal, S. E. Embaixador José Filipe Moraes Cabral, no Conselho de Segurança no debate sobre o Haiti (MINUSTAH) (Nova Iorque, 08.03.2012) Print
 
Merci M. le Président,

Je salue le Représentant Spécial du Secrétaire-Général, M. Mariano Fernández, et je le remercie de son excellent rapport, que nous a rappelés les progrès enregistrés en Haiti, mais surtout l’énormité de la tâche encore à accomplir. Je salue la présence de notre collègue d’Haïti, l’Ambassadeur Jean Cozeau, parmi nous.

Nous partageons, naturellement, les considérations qui seront présentées plus tard par l’Union Européenne.

M. le Président,

Notre débat d’aujourd’hui porte sur l’activité de la MINUSTAH mais aussi sur la situation en Haïti et sur ses enjeux: la sécurité, la reconstruction, le développement économique et social, le renforcement de ses institutions et de l’Etat de Droit et la promotion des Droits de l’Homme dans un cadre affecté par obstacles très significatifs, comme nous venons d’entendre et comme nous avons pu constater récemment.

En effet, la population et les autorités haitiennes doivent faire face à un défi particulièrement difficile : celui de construire et faire fonctionner la démocratie dans un contexte, marqué par une sécurité fragilisée, par des carences élémentaires généralisées,  par la souffrance répandue de la population et par des difficultés particulières en termes de développement économique et social. Ce n’est pas, malheureusement, une situation inédite.

Mais pour faire face à cette situation, pour vaincre ce défi, il faudra, avant tout, stabilité politique, clarté de propos, détermination, et coopération utile entre des institutions qui ont été légitimés par le vote démocratique. La démission du Premier Ministre Conille, quatre mois après sa nomination, constitue un motif de préoccupation accrue, puis’ quelle affecte le fonctionnement régulier des institutions nationales et l’accomplissement de tâches incontournables et urgentes.

Ma délégation, Mr. Le Président, est confiante quant au sens de responsabilité des représentants du peuple haitien, à leur attachement aux valeurs et aux pratiques démocratiques, ainsi qu’à  leur engagement dans la reconstruction du pays et d’un Etat démocratique, et nous les appelons a agir en conséquence.

M. le Président,

La sécurité est, depuis longtemps, une question centrale en Haïti. Malgré son renforcement, la Police Nationale  n’est pas encore en position de garantir l’ordre sur l’ensemble du pays. C’est pourquoi les forces de MINUSTAH ont encore un rôle important à jouer en ce domaine, même dans un contexte de réduction progressive de ces effectifs. Néanmoins, cette réduction de forces au niveau  d’avant janvier 2010 se fera sans que les capacités de la police de la MINUSTAH ni de la Police Nationale Haïtienne en soient diminuées.

C’est évident que la paix et la sécurité en Haïti sont, avant tout, la responsabilité du peuple et des autorités d’Haïti. La communauté internationale ne peut pas remplacer les autorités nationales et ne peut agir qu’en appui aux efforts de stabilisation et de développement qu’elles mènent elles-mêmes.

Lors de la récente visite du Conseil de Sécurité, la question de la formation d’une Armée Nationale haitienne a été abordée. Nous savons que ce fut une question discutée pendant la campagne électorale et qui a été aussi l’objet  d’études menés par les institutions nationales.

Il ne s’agit pas, naturellement, de mettre en cause le droit qu’assiste Haiti, État indépendant et souverain, d’avoir une Armée. La question n’est pas celle-ci mais bien de savoir s’il est opportun de consacrer, de disperser des ressources matérielles et humaines importantes dans un projet dont la contribution effective à la résolution des problèmes graves et urgents auxquels Haiti est confronté n’est pas évidente. C’est pourquoi nous appelons le Gouvernement de Haiti à agir de façon à ce que cette question soit amplement discutée, d’une façon transparent, et permettant des conclusions ancrées sur les réalités.

Monsieur le Président,

La situation humanitaire, ainsi que la protection des Droits de l’Homme, continuent à susciter notre préoccupation. La marginalisation de groupes particulièrement vulnérables, le nombre encore significatif de personnes déplacées, ainsi que la violence de genre, constituent un souci majeure.

Je félicite la MINUSTAH pour son travail avec UNICEF et l’Organisation  Internationale pour les Migrations pour contribuer à l’harmonisation de la loi sur la traite de personnes avec le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies qui vise prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, ratifiée par Haiti en 2009.

Le rapport du Secrétaire-Général exprime aussi des préoccupations concernant  l’impunité. Les efforts menés par les autorités d’Haïti et par MINUSTAH sont louables, mais il nous semble que des efforts supplémentaires, surtout dans les cas spécifiquement mentionnés dans le rapport, seront encore nécessaires dans ce domaine fondamental de consolidation de l’Etat de Droit.

M. le Président,

La MINUSTAH est en train de s’adapter à de nouvelles conditions humaines et matérielles pour l’achèvement de son mandat, dans un environnement difficile et  parfois, adverse. Quelques fois elle est l’objet d’un dénigrement dont les fondements ne résistent pas à une analyse objective. Ceci se traduit dans une exigence accrue pour les fonctionnaires de la mission, pour les partenaires internationaux ainsi que pour les autorités haïtiennes elles-mêmes.

C’est important que nous soyons a-même de continuer à apporter notre solidarité au peuple d’Haïti et à la MINUSTAH, dont le dévouement à sa mission est au-dessus de  tout soupçon.  En ce qui nous touche, cet appui constant ne sera pas mis en cause. Permettez-moi aussi de vous assurer, M. l’Ambassadeur de Haïti, du soutient continu du Portugal à la stabilité, à la reconstruction et au développement de votre pays.

Je vous remercie.