Home 2012 Intervenção do Representante Permanente de Portugal, S. E. Embaixador José Filipe Moraes Cabral, no Conselho de Segurança no debate sobre o Haiti (MINUSTAH) (Nova Iorque, 03.10.2012)
Intervenção do Representante Permanente de Portugal, S. E. Embaixador José Filipe Moraes Cabral, no Conselho de Segurança no debate sobre o Haiti (MINUSTAH) (Nova Iorque, 03.10.2012) Print

Merci M. le Président,

Je remercie M. Mariano Fernández de son excellent rapport, qui nous donne une idée claire de la situation en Haiti, des progrès enregistrés, mais surtout de l’immensité de la tâche encore à accomplir. Je salue la présence parmi nous de notre collègue d’Haïti, l’Ambassadeur Jean Cazeau.

Nous partageons, naturellement, l’intervention qui sera présentée plus tard par l’Union Européenne.

M. le Président,

Avec l’appui conséquent de la communauté internationale et des Nations Unies en particulier, les haïtiens se sont engagés dans le processus – long et non exempt de difficultés -  de reconstruction de leur pays. 

Un processus qui, au-delà de la reconstruction des dégâts matériels causés par le terrible tremblement de terre et du secours porté à ses victimes, garde un objectif plus large et plus cohérent : celui de doter le pays d’institutions démocratiques et stables basées sur l’Etat de Droit, assurer le respect des Droits de l’Homme, garantir la sécurité des populations, promouvoir le développement économique et social et la prospérité du pays.

Je ne reviendrai pas sur l’étroite interdépendance de ces trois éléments. Mais il est évident que sans sécurité ni bonne gouvernance, basée sur de solides bases démocratiques, sans stabilité dans le fonctionnement des institutions, il n’y aura pas de conditions de relancement de l’économie ni de reconstruction.  De la même façon, sans relancement de l’économie ni absorption du chômage il sera extrêmement difficile de renforcer la sécurité dans le pays.  

J’adresserai brièvement deux de ces questions:

1. La dimension politique et l’État de Droit

Certes, des progrès ont été enregistrés. Le pays s’est doté d’un nouveau Gouvernement qui dispose de l’appui des Chambres. Ainsi, il semble que  l’instabilité qui a caractérisé la vie politique haïtienne pendant plusieurs mois ait été surmontée. 

Cette nouvelle donne politique se traduit dans une exigence  accrue pour les autorités haïtiennes, en termes de faire avancer les reformes démocratiques indispensables.

Aussi, l’entrée en vigueur de certains amendements constitutionnels, la mise en place du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, ou la création du Conseil Electoral Permanent, même si sa mise en œuvre reste inachevée, constituent des avancées importantes.  

Nous encourageons les autorités haïtiennes à poursuivre sur cette voie, celle de la consolidation des institutions et des pratiques démocratiques, de la transparence politique et de la crédibilité et l’efficacité de l’Etat de Droit et de l’administration de la Justice.

Surtout que, à terme, les haïtiens seront appelles aux urnes, et qu’il faudra garantir la régularité, la transparence et la crédibilité de cet acte électoral, sous peine de frustrer les aspirations légitimes du peuple haïtien et entacher la confiance de la communauté internationale.  

D’autre part, la situation humanitaire, ainsi que la protection des Droits de l’Homme, constituent aussi un élément de grave préoccupation. La marginalisation de groupes particulièrement vulnérables, le nombre encore significatif de personnes déplacées, tout comme la violence de genre, constituent un souci majeur qui exige des réponses efficaces. 

Mon deuxième point concerne la sécurité et le rôle de la MINUSTAH.

Si nous sommes encouragés par les progrès enregistrés en termes d’amélioration des capacités de la Police Nationale haïtienne, force est de constater qu’il reste encore un long chemin à parcourir jusqu’à ce qu’elle puisse assumer intégralement les responsabilités d’assurer la sécurité du pays, de combattre une criminalité malheureusement croissante et de protéger ses frontières. 

En conséquence, la présence de la MINUSTAH reste, pour le moment, indispensable.

Nous appuyons en ce contexte les propositions du Secrétaire-Général, c’est-à-dire le renouvellement du mandat de la Mission pour une nouvelle période de 12 mois, ainsi que son recentrage et retrait progressif. 

Un retrait qui doit s’accompagner nécessairement d’un renforcement parallèle des capacités de la police Nationale, surtout qu’elle doit progressivement assumer des responsabilités mandatées à la MINUSTAH.     

Nous croyons aussi qu’en termes sécuritaires la priorité, tant en termes humains que financiers, doit être donnée au renforcement de la Police Nationale, et non pas à d’autres structures qui drainent des ressources limités et peuvent aussi devenir de nouvelles sources d’instabilité pour le pays. 

M. le Président,

Notre appui au peuple de Haiti, dans sa voie difficile vers la reconstruction, la démocratie et le développement restent entiers. Nous sommes convaincus qu’il saura surmonter les difficultés présentes, avec la solidarité et l’appui agissant de la communauté internationale. 

Pour conclure, un mot de reconnaissance sincère pour le remarquable travail accompli, dans des conditions souvent si difficiles, par les femmes et les hommes de la MINUSTAH.

Je vous remercie.