Home 2011 Statement by the Representative of Portugal, H. E. Ambassador José Filipe Moraes Cabral, at the Security Council Open Debate on Haiti (New York, 04.06.2011)
Statement by the Representative of Portugal, H. E. Ambassador José Filipe Moraes Cabral, at the Security Council Open Debate on Haiti (New York, 04.06.2011) Print

 

Muchísimas gracias  Señora Presidente, y estimada Ministra:

Madame le Président,

Permettez-moi, tout d’abord, de remercier la Présidence colombienne du Conseil de Sécurité d’avoir organisé ce débat si opportun, et de saluer particulièrement la votre présence, de Monsieur le Président de la République, ainsi que celle du Président de Haiti, Monsieur René Préval.

Je remercie le Secrétaire Général et le Président Clinton de leurs briefings, si utiles pour le déroulement de nos travaux. Je voudrais aussi souligner la présence significative de membres de différents Gouvernements amis membres de notre communauté Ibéro-Américaine, dont l’apport à ce débat illustre d’une façon particulièrement éloquente, notre engagement collectif et notre solidarité avec Haiti.

Monsieur le Président,

Nous menons aujourd’hui un débat élargi sur Haiti. Élargi dans le sens que nous devons aborder un ensemble de défis, tous inter liés, qui se posent à ce pays, que ce soit la sécurité, la reconstruction, le développement économique et social, le renforcement de ses institutions et de l’Etat de Droit, ou la promotion des Droits de l’Homme et de la société civile. Un débat élargi car il doit aussi adresser les  causes profondes qui sont à l’origine des difficultés présentes, ainsi que l’éventail de mesures à la disposition de la communauté internationale pour consolider son appui au Peuple et au Gouvernement haïtiens.

Nous partons nécessairement d’une constatation simple: la paix et la sécurité de Haiti, ainsi que les efforts de reconstruction nationale et la poursuite de son développement, incombent, avant tout, au peuple et aux Autorités de Haiti, pays indépendant et souverain. La communauté international ne peut pas remplacer cette volonté souveraine et ne peut agir qu’en appui aux efforts de stabilisation et de développement menés par le pays lui-même.

Pour ces raisons-ci, nous saluons l’élection de Monsieur Michel Martelly à la Présidence de la République. Ce choix démocratique du peuple haïtien constitue une condition essentielle pour garantir la stabilité politique et institutionnelle du pays et renforcer la confiance des haïtiens, ainsi que de la communauté internationale, dans la capacité du futur gouvernement à mener à bien un processus de reconstruction et de développement certes très complexe.

Permettez-moi dans ce contexte un mot de reconnaissance par tout le travail accompli par le Président Préval et son Gouvernement, par les progrès enregistrés et par le déroulement transparent des élections présidentielles. Le deuxième tour de cette élection représente un pas en avant important dans le processus démocratique haïtien, et nous remercions la MINUSTAH ainsi que la Mission d’observation électorale conjointe OEA/Caricom pour tout le travail accompli en ce domaine; il faut désormais conclure le processus électoral, d’une façon crédible et transparente, celui renforcera davantage la légitimité des institutions.  
Monsieur le Président,

Les entraves à la sécurité et au développement en Haiti sont anciens et structurels. Le terrible tremblement de terre de 2010 n’a fait qu’attirer brutalement nos regards sur les insuffisances et les difficultés déjà vécues au quotidien par les haïtiens depuis des décennies. Surmonter les effets de la catastrophe naturelle et des déficits accumulés prendra du temps et beaucoup d’efforts, avant que le peuple haïtien ne puisse bénéficier pleinement de la sécurité et du développement auxquels ils ont droit.

Ces efforts demanderont un engagement continu et conséquent de la communauté internationale, ainsi qu’une coordination plus efficace de l’aide, tout comme une plus grande cohérence des actions menées par la MINUSTAH, la Commission de Récupération, les donateurs, le PNUD et les différentes agences des Nations Unies, le Haut Commissariat aux Réfugiés, ONU Femmes ainsi que les différentes ONGs. Je me réjouis d’avoir entendu du Président Clinton les progrès qui ont été enregistrés en ce domaine. Mais nous pouvons encore améliorer cette coordination.

La MINUSTAH a connu un succès certain dans son soutien à l’action des autorités haïtiennes, que ce soit dans les efforts de reconstruction,  la distribution de biens et la prestation de services essentiels aux populations, les soins médicaux, la réduction du nombre de déplacés ou le combat contre les épidémies.

Son rôle reste aussi important, en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes, dans les domaines de la capacitation institutionnelle, la poursuite des réformes nécessaires à la consolidation d’un Etat de Droit, la promotion des Droits de l’Homme, le combat contre la criminalité ou la protection des groupes plus vulnérables, le fonctionnement efficace de la justice et la fin de l’impunité tous des éléments indispensables pour garantir la paix, la sécurité, ainsi que la promotion d’un développement durable en Haiti.

Le Portugal ne peut que saluer vivement tout le travail accompli par la MINUSTAH depuis 2004, ainsi que le dévouement des membres de la Mission. Un mot spécial de reconnaissance pour les efforts personnels d’Edmond Mulet.

Nous l’encourageons à continuer à œuvrer en ce sens, tout en promouvant l’appropriation progressive par les autorités haïtiennes de leurs pleines compétences et responsabilités en tous ces domaines, comme l’a souligné le Président Juan Manuel Santos. La paix ne repose pas sur la dépendance ni l’assistance extérieure. Elle dépend, avant tout, de la volonté des haïtiens, de leurs institutions démocratiques et du progrès économique et social.

Monsieur le Président,

Haiti compte maintenant avec un nouveau Président élu démocratiquement. Le pays dispose désormais d’une opportunité réelle pour promouvoir un processus de réconciliation nationale et un modèle de développement économique et social dans le cadre d’un Etat de Droit et dans le respect des droits fondamentaux de ses citoyens.

Il nous semble qu’il serait opportun que le Conseil de Sécurité, en ce nouveau contexte, entame une réflexion approfondie sur la façon de renforcer les institutions haïtiennes, sur le transfert complet des responsabilités en matière  de reconstruction et le développement du pays à ces institutions, ainsi que sur l’avenir d’une présence internationale en Haiti. Nous souhaiterions aussi que le prochain rapport du Secrétaire Général puisse inclure des propositions concrètes pour faire face à ses défis sécuritaires.

Je veux exprimer aujourd’hui la confiance du Portugal dans la volonté et la détermination du peuple haïtien pour faire face et surmonter les multiples défis auxquels il est confronte. J’exprime aussi notre certitude dans l’engagement et la solidarité de la communauté internationale pour contribuer à cet effort dans toute mesure possible.

Je vous remercie.